Auto-enquête travail créatif / travail queer

source : https://www.facebook.com/queerweek/photos/gm.2130804423673249/2080757122019286/?type=3&theater

SAMEDI 23 MARS 2019 

à partir de 13h00

dans le cadre de la QueerWeek 2019

Le Hangart

63 quai de Seine, 75019 – Paris

 

Souvent, deux mots vont ensemble sans le troisième : on a queer et créatif, on oublie régulièrement la dimension travail. Ainsi, la danse, le dessin, la performance, l’écriture, la créativité en général est avant tout “un passe-temps” subjectif, quelque chose qui nous permet d’être nous-mêmes, de nous chercher et de nous visibiliser mais pas de “travailler”.

Le Burn Out – Collectif propose donc d’animer une “auto-enquête” sur le travail créatif des queers.

🖤 Qu’est-ce qu’une auto-enquête ?

L’objectif de « l’auto-inchiesta » (l’auto-enquête) est d’enclencher une réflexion à partir de soi-même, de son propre vécu et de ses expériences pour aboutir à une réflexion collective qui permet d’identifier des problématiques (travail, santé, corps, autodétermination, précarité, genre et sexualité, racialisation, etc.) Dans une auto-enquête, on enquête sur nous-mêmes, mais pas d’une façon statistique : on se pose des questions et on y répond en partant de soi.

Grâce à la narration collective et la politisation de celle-ci, on peut se donner ensemble des grilles pour lire nos subjectivités et construire des formes de résistance à la mise au travail néolibérale qui reste souvent invisible.

Le but de cette pratique n’est pas simplement de comprendre les expériences de chacun•e ou de définir un plan d’action. Il s’agit de catalyser le partage, la discussion sur les savoirs et les stratégies d’une part et le processus de prise de conscience d’autre part.

https://burnout.noblogs.org/post/2018/11/07/quest-ce-que-cest-une-auto-enquete/

🖤 Le collectif Burn-out

Burn Out – Collectif est un collectif d’action et d’analyse militante sur la matérialité du travail néolibéral et ses effets sur la subjectivité, le désir et l’aliénation. Burn Out pratique l’autoenquête pour lutter dans et contre le travail. Burn Out critique la mise au travail, la « valorisation », l’exploitation et l’incorporation néolibérale des corps et des culs queer et transféministes. Son projet politique est la production collective de subjectivités antagonistes et de formes de vie différentes.

📌Infos pratiques

Le samedi 23 mars de 13h à 15h
au Hang’art (63 quai de Seine Paris 19, 75019 Paris)
Lieu accessible aux personnes en fauteuil roulant.
Atelier gratuit
15 places disponibles, envoies un mail à l’adresse zoe.capmas@queerweek.com

Cet évènement est une programmation de la Queer Week 2019 : du 15 au 23 mars. La Queer Week est une semaine de réflexion autour de la diversité des genres, des corps et des sexualités.
https://www.facebook.com/events/816986838667042/

 

SAMEDI 23 MARS 2019 

à partir de 13h00

dans le cadre de la QueerWeek 2019

Le Hangart

63 quai de Seine, 75019 – Paris

Grève sociale : grève du/des genre/s

source https://sommovimentonazioanale.noblogs.org/files/2014/11/S_G-300×75.jpg

Le texte qui suit a été écrit par le SomMovimento NazioAnale à l’occasion de la Grève Sociale du 14 Novembre 2014 en Italie. À la fois journée de grève /manifestations et processus de construction d’une mobilisation de longue durée des precair.e.s en Italie, la Grève Sociale est née comme une réaction à un certain nombre de processus convergents : la mise en place de mesures d’austérité et de démantèlement des services sociaux avec l’excuse de la « crise » et de la  « dette publique » ; l’implantation de mesures de « workfare » qui tendent à la fois à extraire du profit des chomeur.e.s, les culpabiliser et les faire travailler gratuitement ; l’énorme diffusion du travail sous-payé et non payé ; les mesures de précarisation du monde du travail qui – commencées aux années 1990s – sont culminées en 2014 dans l’approbation du Jobs Act (modèle pour la loi travail en France). La Grève Sociale visait non seulement à faire converger différents secteurs du travail et mobiliser les travailleu.r.euse.s precair.e.s qui ne sont pas consideré.e.s par les organisations syndicales, mais aussi à faire la connexion entre les luttes dans et contre le travail et celles contre les privatisations, pour la défense le welfare, des droits sociaux, etc. Nombre d’activistes et collectifs transféministes et queers ainsi que le Sommovimenvimento NazioAnale ont participé à la construction de la Grève Sociale en y portant une analyse des intersections entre construction des genres et des sexualités et formes du (bio)capitalisme contemporaine. Dans ce contexte, la grève du/des genre/s a été mobilisée comme un mot d’ordre.

 

GRÈVE SOCIALE : GRÈVE DU/DES GENRE/S

 

Depuis plusieurs années, les caractéristiques du travail domestique et du care sont devenue communes à tout l’ensemble du travail. À l’obligation d’une disponibilité permanente 24/24, 7/7 de répondre aux nécessités et aux urgences des autres ; à la totale versatilité en l’absence d’une liste de taches clairement convenue s’ajoute le manque de protection et de régularité d’un contrat ainsi que l’incongruité absolue des heures de travail et de rémunération. Toutes ces caractéristiques-là sont désormais imposées dans tous les emplois, que ces derniers soient donc reconnus et rétribués en tant que tel… ou non.

Par ailleurs, une autre caractéristique du travail domestique et du care traditionnellement accompli par les femmes est en train de se généraliser : la gratuité et l’absence de reconnaissance. Un grand nombre de prestations que nous accomplissons produisent un profit, pourtant elles ne sont pas reconnues comme travail et par conséquent non-payées. Ils nous disent qu’un grand nombre de ce que nous faisons n’est pas rétribué parce qu’il s’agit seulement d’une opportunité pour nous de montrer qui nous sommes (pour nous réaliser, pour trouver un jour – peut-être – un travail payé, pour gagner en visibilité). C’est exactement comme, depuis toujours, il a été dit aux femmes : prendre soin des autres est une façon (la seule façon) de s’exprimer soi même.

Par ailleurs, désormais, ce don, considéré typiquement « féminin » de construire des réseaux, de prendre soin des autres ou de les séduire, est une des compétences favorites du marché du travail et elle est demandé à toutes et à tous avec des mécanismes divers pour mobiliser les identifications de genre différentes. Il ne s’agit plus seulement de « savoir faire » quelque chose, mais aussi de mettre à profit tout ce qui fait partie du « vivre » : les passions, les idées, la capacité de créer des réseaux, l’affectivité, notre propre subjectivité, notre façon de se présenter au monde, de nous caractériser nous-mêmes. Pour cela nous pouvons parler de mise au travail des genres… de tous les genres (qu’ils soient codifiés comme hétéros ou queers).

Nous produisons continuellement des genres : que nous les considérions « naturellement » liés à un certain sexe, ou que nous choisissions notre genre, nous le percevons souvent comme spontané, ou avantageux. Ce qui en fait est une contrainte socialement imposée ou situationnellement convenable. Performer un genre reconnaissable est un travail incessant et quotidien : essayez de vous balader dans les rues avec un genre « ambigu » et vous découvrirez la violence de cette imposition.

Le genre est un moyen de production sociale : tous et toutes faisons nos débuts en société en incorporant un genre. Dans nos vies, toutes nos “prestations” sociales, passent par des caractéristiques de genre. Qu’elles soient liées au travail ou pas elles sont “mises en production” de façon spécifique. Nos performances de genre ont tendance à être mise à profit continuellement : quand nous les construisons à travers la consommation (du maquillage à la coiffure, en passant par le « life style ») ; quand nous les performons en partageant les données sur nous, sur nos goûts, sur notre personnalité (par exemple sur les réseaux sociaux); quand nos caractéristiques – présumées – de genre sont mises au travail dans l’entreprise, sur le chantier, derrière le comptoir, à la fac.

Naturellement l’exemple le plus éclatant reste la mise au travail de la féminité normative à travers la naturalisation de son lien avec le travail du care et domestique que soutien, encore, la division du travail entre les deux genres socialement reconnus. Et s’il est vrai que certains changements sont intervenus dans le cadre de la garde des enfants, le cadre du travail domestique proprement-dit a beaucoup moins changé. Qu’elles choisissent ou qu’elles doivent chercher un travail rétribué (reconnu en tant que tel) les femmes doivent toujours se taper le travail rémunéré (à l’extérieur du foyer), et le travail domestique et relationnel non-payé.

Par conséquent en Italie les heures totales du travail familial sont accomplies, encore aujourd’hui à 71,9% par les femmes, lesquelles travaillent en moyenne, chaque jour, une heure et quart de plus que les hommes.

Dans la rhétorique de la crise, nous sommes alors transfigurées en icônes sacrificielles de mères héroïques et épouses dociles capables de concilier production et reproduction, pour ensuite charger nos épaules du poids du démantèlement du welfare, pour nous virer si nous sommes enceintes et pour aggraver la hiérarchisation entre femmes natives et femmes migrantes dans le travail du care.

Mais les rôles de genre ne sont pas que deux : d’autres ont émergés et peut-être le premier à s’en rendre compte a été effectivement le capital. Dans la crise, beaucoup de femmes, gouines, trans* et tapettes semblent se trouver dans un paradoxe strident : très souvent discriminé*s et invisibilisé*s, quand elles ne sont pas exclu*s du marché du travail, iels se retrouvent à être recherché*s et exploité*s exactement en tant que femmes, ou queers. Cela montre clairement que la précarité, la méritocratie et les critères de sélection, en plus d’être généralisés, sont aussi et surtout genrés.

Ce paradoxe vient du fait que nous sommes à la fois assujetties et rendues sujets (et nous nous assujettissons et nous nous rendons sujets) parce que l’on dit que nous sommes à la fois plus créatives, plus communicatives, plus disposées à l’écoute et à la médiation, que nous savons faire une meilleure impression et que nous sourions plus… nous travaillons plus parce que nous avons ce besoin de reconnaissance sociale. En tant que gays, gouines, trans*, queers et personnes qui ont un état relationnel inclassifiable par rapport aux modèles de la « famille » ; on suppose que nous avons des liens qui nous font dérailler du dévouement au travail, alors qu’il nous est demandé de plus en plus d’extraire de la plus-value de nos réseaux de relations pour ensuite l’offrir à l’entreprise. En tant que trans*, nous sommes encore exclu*s du travail ou inclu*s dans des rôles hypersexualisés.

Nous avons bien vu, parce que nous l’avons expérimenté sur notre peau, que le blablabla sur le « facteur femme » comme moteur de croissance et de développement, ainsi que le management de la diversité comme outil d’« inclusivité sociale », ne mène pas du tout à une meilleure reconnaissance des différences. Au contraire, cela mène seulement à une intensification de l’exploitation et de l’appauvrissement qui touche à 99% les femmes et les queers.

Le management de la diversité représente seulement la possibilité pour l’entreprise d’obtenir un avantage compétitif à travers la valorisation « commerciale » des diversités individuelles. Produisant un agrandissement de la clientèle et atteignant une augmentation des ventes de 700% cette pratique se concrétise, même dans le contexte italien.

Evidemment, dans un pays comme l’Italie dans lequel l’hétérosexisme est contrôlé par une large troupe de « veilleurs », le management de la diversité est un instrument particulièrement insidieux de fidélisation et d’exploitation : nous devrions être reconnaissant*s et fidèles à l’entreprise qui nous exploite parce qu’elle nous « donne » gracieusement certains de ces droits qu’un état homophobe ne nous reconnaît pas, en gagnant aussi une image plus « friendly » sur notre peau

Mais ceci n’empêche pas, bien sur, aux homos, lesbiennes et bisexuel.le.s de continuer à subir plus de discriminations au travail que les hétéros (22,1% au lieu de 12,7%), nous sommes ainsi obligé*s de gérer la crise de l’homme traditionnel, dont la perte de centralité sociale et productive est très souvent traduite par une augmentation de la violence de genre et de l’agressivité homo-lesbo-transphobe.

C’est donc pour toutes ces raisons que nous sentons de plus en plus fort que le temps de la grève sociale et de la grève du genre et des genres, est venu. Qu’arriverait-il si à l’intérieur des milles petits ruisseaux de la précarité diffusée dans lequel est fragmenté le travail et le non-travail, si à l’intérieur du travail du sexe, affectif, du travail du care rémunéré ou non, nous pratiquions une grève de toutes les attentes, répétitions, actes, rôles avec lesquels quotidiennement nous (re)produisons l’ordre établi des genres, et avec lui l’ordre établi tout court ?

Une réelle expérimentation libre de son/ses propre/s genre/s, de son propre corps et de ses propres plaisirs peut passer seulement par la dé-genre-action du travail social et par la libération de notre temps de vie : c’est aussi pour cette raison que nous réclamons un revenu inconditionnel de base pour qu’il devienne un revenu d’autodétermination !

#revenudautodetermination

 

Texte original écrit par SomMovimento NazioAnale

Ici le pdf de cette traduction Grève sociale : grève du/des genre/s

24 et 25 novembre 2018 : compte rendu de l’Assemblée nationale de Non Una di Meno Italia

source https://nonunadimeno.files.wordpress.com/2018/12/banner-agitazione.jpg

 

On partage la traduction du compte-rendu de la dernière Assemblée Nationale de Non Una di Meno en Italie. Le texte original est initialement paru en italien ici

 

Depuis trois ans le mouvement féministe et transféministe en Italie et dans le monde est puissant et en transformation constante. Il se traduit par une radicalité partagée, mais aussi par son autonomie et son enracinement dans les territoires. Il s’affirme comme un espace de construction d’alternatives et comme moteur de conflit permanent et intersectionnel contre la violence.

La période politique actuelle est marquée par une avancée autoritaire et réactionnaire mais aussi par la jonction entre les politiques néolibérales et l’ordre patriarcal et raciste. En Italie, comme dans le reste du monde, l’attaque idéologique en cours a des lourdes répercussions matérielles. Dans ce contexte, le mouvement féministe global ouvre la voie à un grand processus de subjectivation politique mais aussi à un grand processus de recomposition.

En Italie « l’État d’agitation permanent » décrété à Bologne lors de l’Assemblée nationale de Non Una di Meno du 6 et 7 octobre 2018 est devenu rapidement et partout un puissant moyen de mobilisation et de multiplication des luttes. C’est un processus d’opposition aux politiques sexistes et racistes du gouvernement qui ne dissout pas, mais renforce au contraire la capacité affirmative, productive et transformatrice de la prise de parole féministe et transféministe. Une opposition que nous pratiquons et que nous continuerons de pratiquer à partir de l’élaboration collective construite au cours de ces trois dernières années et concrétisée dans le Piano Femminista (Plan féministe) qui prévoyait déjà les réponses aux politiques patriarcales, racistes, néolibérales et sécuritaires  que nous adressons aujourd’hui au gouvernement jaune-vert de la Ligue et du Mouvement cinq étoiles. Une opposition qui, grâce à l’analyse et aux propositions que nous avançons, souligne à la fois la continuité avec les gouvernements précédents et les radicalisations et les oppressions que génère ce pouvoir exécutif.

À partir du Plan féministe, nous allons construire la grève féministe du 8 mars, pour donner corps et substance aux revendications et aux batailles en cours contre la proposition de loi dite Pillon1, le décret sur la sécurité intérieure2, le revenu de citoyenneté3, ainsi que les attaques contre l’avortement libre gratuit et sûr. La grève sera politique et globale. Elle donnera la parole à celles qui s’opposent de toutes leurs forces aux politiques réactionnaires qui, partout dans le monde, tentent d’écraser ce* qui luttent quotidiennement contre la violence de cette société.

En tant que mouvement féministe, nous dévoilons la relation intime qui existe entre le racisme institutionnel et la violence à l’égard des femmes. Les deux sont le résultat d’un même paradigme réactionnaire et le résultat de la jonction entre la droite gouvernementale, les néo-fascistes et le front catholique pro-vie qui passe aussi par les propositions anti-avortement de différents conseils municipaux. Dans ce cas également, nous ne nous limitons pas à réagir contre les revendications de l’Église sur notre corps, mais nous réaffirmons notre autodétermination en revendiquant « bien d’avantage que la loi 1944 » (molto più di 194).

Construisons des réseaux de solidarité et des pratiques efficaces contre le harcèlement et la discrimination au travail, contre le chantage de la précarité et la dépendance économique. Revendiquons un revenu d’autodétermination, un salaire minimum européen et l’État social universel contre les mesures économiques et sociales du gouvernement. Revendiquons la diversité de nos réseaux affectifs contre l’hétéronormativité de la loi Pillon. Revendiquons la possibilité pour tout le monde de se déplacer et de rester : contre la violence des frontières et le chantage de la clandestinité, revendiquons un permis de séjour européen, le droit d’asile et une citoyenneté sans conditions. Affirmons notre liberté, loin des stéréotypes, des conditionnements et des rôles sociaux imposés, construisons un espace public féministe dans les villes, dans les médias, dans les écoles et dans les universités.

Réaffirmons l’arme de la grève féministe – grève du travail productif et reproductif, grève du/des genre(s), grève du travail du sexe, grève écoféministe et de la consommation – comme processus de conscientisation politique et sociale pour les femmes mais aussi pour toutes les subjectivités précaires, migrant*, trans*, lesbiennes et tou* ce* qui ne se conforment pas aux modèles dominants de sexualité. Relançons la force collective de la grève également comme une possibilité d’expérimenter des temporalités de vie différentes et des pratiques de partage et de libération.

Pour suivre ces chemins et ces pratiques, réinventons l’instrument de la grève.

Bloquer la production et la reproduction sociale, c’est faire la grève sur le lieu de travail, dans les relations de soins mais aussi faire grève pour faire racine dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos villages. C’est préparer la grève en descendant dans la rue à des moments décisifs avec la force de nos paroles et de nos pratiques.

Afin de construire la grève, il est nécessaire de créer des espaces d’élaboration et d’articulation des pratiques (maisons de la grève), pour organiser la grève, pour imaginer ensemble des formes efficaces et concrètes d’abstention du travail non salarié, du travail informel et du travail gratuit et reproductif. Nous devons imaginer des stratégies de soustraction au chantage du permis de séjour et à la précarité par la construction de caisses d’entraide, d’autres pratiques de solidarité, ainsi que des lieux et des outils d’alphabétisation syndicale sur le droit de grève (reprenant également vadémécum, graphismes et vidéos). À cette fin, nous nous proposons de créer un groupe de travail et de lien entre les différentes assemblées locales, qui puisse informer et soutenir les travailleu* qui souhaitent faire grève.

Sachant que la grève est un droit des travailleuses, la convocation de la grève générale commence par nous et par cette assemblée : nous allons lancer la grève avec un appel puissant qui, à partir du travail des femmes et féminisé, interpelle tous ce* qui s’opposent à la violence sexiste et sexuelle, à la précarité et au racisme. Nous lançons la grève du 8 mars à partir de la force accumulée au cours de ces trois années de mobilisation, de l’état d’agitation permanent exprimé localement et de la marée féministe. Avec cette force et cette détermination, nous construisons la grève et la confrontation avec les syndicats sous le signe de la réappropriation d’un instrument de lutte par les travailleuses elles-mêmes. Cela génère des contradictions au sein des syndicats. Nous affirmons par conséquent la nécessité pour les syndicats de devenir des instruments d’un processus d’opposition et de construction d’une alternative à partir des protagonistes des luttes au-delà des seules organisations et des structures syndicales.

Gardant cela à l’esprit, nous exhortons les syndicats à se mettre au service de la grève féministe, en garantissant la possibilité concrète de la pratiquer dans tous les secteurs productifs. Par conséquent, nous saisissons l’invitation du Congrès de la Fiom5 comme une occasion pour demander aux travailleuses qui y seront de soutenir politiquement la grève du 8 mars et permettre ainsi sa mise en place effective et pas seulement symbolique.

Nous réfléchissons à la possibilité de construire un meeting international pour une grève mondiale des femmes qui nous donne la possibilité d’une confrontation politique à la fois sur les pratiques et sur le processus de sa construction, en créant les conditions d’un renforcement des réseaux au-delà des frontières nationales.

Le meeting international pourra également être l’occasion de poursuivre le débat national et de situer notre initiative dans le contexte mondial.

Vous nous voulez soumises et exploitées, vous nous faites le chantage au travail ? Nous faisons grève !

 

Notes 

1      Fondée sur l’idéologie straight de « une maman et un papa » et du « droit de l’enfant à avoir deux parents », le projet de loi proposé par le sénateur de la Ligue Simone Pillon, rend le droit au divorce plus compliqué et couteux en introduisant par exemple des nouveaux passages obligés de conciliation concernant notamment la garde des enfants et cela même en cas de violences conjugales.

2      Le « Decreto sicurezza » est une loi qui prévoit un durcissement des mesures répressives contre les formes de protestation, d’occupation et de squats, et un durcissement du racisme d’état. En effet la loi prévoit un durcissement des normes qui règlent le demandes d’asile, l’abolition de la protection humanitaire, augmentation des temps de rétention administrative pour les migrantEs sans papiers, aussi bien qu’un durcissement des conditions pour l’obtention de la naturalisation et la possibilité de révoquer la nationalité italienne aux personnes qui l’ont déjà obtenue dans le cas ou iels soient condamnEs pour « terrorisme » ou « éversion ».

3      Le « Revenu de citoyenneté » était la mesure phare du Mouvement 5 étoiles, une promesse électorale qui s’est soldée par l’introduction d’une subvention distribuée sur des critères des revenus familiaux et sur l’obligation à dépenser la somme allouée pour des biens de première nécessité, notamment de la nourriture, par le biais d’une carte, ce qui rapproche beaucoup ce « revenu » d’une carte de rationnement pour les pauvres.

4      La loi 194 est la loi pour l’IVG en Italie. Aves ce slogan « molto più di 194 » les féministes italiennes réclament non seulement la pleine application de cette loi, mais un accès plein et effectif à l’IVG et à la contraception. Il faut rappeler qu’une bonne partie des médecin* et pharmacien* en Italie sont « objecteurs de conscience » et refusent donc de pratiquer l’IVG ou de distribuer la « pilule du lendemain ».

5      Fédération nationale des travailleur* de la métallurgie. Une des fédérations les plus importantes, combattives et radicales de la CGIL.

Déclaration d’indépendance du peuple des Twisted Lands

21-05-2016. Bologne.
AUTONOMIE TRANS FEMINISTE GOUINE TAPETTE
Photo: Michele Lapini

On partage la traduction de l’appel pour la manifestation natioAnale « Veniamo Ovunque » organisée par le SomMovimento NazioAnale, le 21 mai 2016 à Bologne. Le texte a été traduit par NDQUV groupe ouest. 

 

Nous vivons des heures sombres. De vieux hommes aux cheveux gris, les bras chargés de livres, sont disposés comme des pièces sur un échiquier et nous supplient de nous mettre vite à l’abri parce que la défaite de l’ordre rétro/hétérosexuel et la victoire de l’Internationale Queer sont imminentes. Et ils ont raison, ils ne trouveront pas d’abri.

Nous vivons des heures sombres. Il a fallu des mois de discussions agitées uniquement pour que les parlementaires décrètent qu’on pouvait transformer les queers en couples doux et dociles, mais sans gamins à élever. Cependant, bien avant qu’ils ne nous y autorisent, nous avions déjà créé et vécu au milieu de réseaux d’affects multiples faits d’amis, de camarades, de frères, de sœurs, de bébés, d’amants. Nous vivons des heures sombres. Les sociétés hétéropatriarcales et sexistes n’ont découvert la défense de la liberté des femmes que pour mieux diaboliser les musulmans et militariser les villes. Mais la lutte des femmes contre la violence masculine a toujours été auto-organisée. Les féministes, les migrants et les queers de tous bords marchent déjà ensemble pour détruire les frontières et passer librement d’un genre ou d’un territoire à l’autre.

Nous vivons des heures sombres. Dans certains lieux de travail, nous devons faire semblant d’être hétérosexuels, dans d’autres nous sommes obligés de sacrifier notre excentricité à notre employeur, d’effectuer des retouches pour répondre aux caprices du département marketing. Et même si une allure underground, lesbo-chic ou glamour gay booste les profits, nous sommes toujours payés une misère et nos vies restent précaires. Assez ! Alors que nous préparons le Printemps rose, affirmons-le : si nous devons vraiment nous vendre, alors c’est à nous de décider comment et d’en fixer le prix.

Nous les queers barbares, les créatifs exténués, les bonnes vieilles camionneuses, les vieilles reines du bal sans le sou, les trans* euphoriques, les mégères au foyer, les butchs ruinées, les putes surmenées, les mamies rebelles, les soustraitants précaires : nous sommes unis et nous proclamons au monde la… Déclaration d’indépendance des peuples des Twisted Lands. Nous sommes des pédés sauvages, des féministes en jachère, des fleurs trans*, clandestins et sincères : nous créons des généalogies et des liens de parenté au-delà des espèces.

Nous sommes des trans-écologistes, nous résistons à la radioactivité de la famille nucléaire en expérimentant des formes subversives d’affect, de plaisir, de solidarité, de relations. Nous sommes les guérillas de la lutte anale contre le capital.

Nous nous saisissons de la créativité des marques de mode. Désormais, les comtesses H&M et les reines Lulu Lemon (Repetto ?) devront s’habiller toutes seules. Créateurs et coiffeurs, stylistes et vendeurs, nous mettons en place des équipements éphémères pour l’enterrement de l’hétérosexualité obligatoire. Lesbiennes virtuoses du bricolage, nous arrêtons de vendre la marchandise de Home Depot (Castorama ?) en posant avec des perceuses, des scies et des marteaux. Au lieu de cela, nous les utilisons pour construire des espaces libérés de la compétition et de l’exploitation néolibérales. Nous avons déjà infiltré l’équipe éditoriale de la presse féminine, de la radio commerciale et de la télévision nationale-populaire. Nous interrompons cette émission sur les rôles sexués et la programmation de toutes nouvelles identités préconstruites pour annoncer un nouveau format : la Subversion.

Par les pouvoirs qui nous sont conférés, nous abolissons le culte de l’auto-emploi et l’obligation de transformer tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons en compétences marketables. Ma chatte est ma start-up ! Des miettes de reconnaissance que nous concèdent les entreprises et les politiques antidiscrimination, nous ferons des cookies. Quoi qu’il arrive, nous avons décidé de prendre le contrôle de toute la pâtisserie. Nous parlons en notre propre nom et nous reconnaissons, de manière autonome, des autres en chacun de nous.

Nous nous saisissons pour toujours de la connaissance que nous avons produite à l’Académie du capital pour la remettre en libre circulation. Nous ne serons plus un objet d’étude parce que nos vies ne peuvent se réduire à quelque théorie que ce soit : nous générons de manière autonome des connaissances « sur nous », sur les animaux humains et non-humains, et sur le monde. De manière collective et autonome, nous nous réapproprions nos corps, notre capacité à venir, à créer, à transformer.

Dans les espaces trans*féministepédé/queer de conseil entre pairs, nous déconstruisons et reconstruisons nos corps avec n’importe laquelle et chacune des prothèses physiques et chimiques que nous désirons, nous réinventons les standards esthétiques, les plaisirs, le concept de santé et nous subvertissons les pratiques de soin.

Dur Labeur : à l’occasion du Printemps rose nous déclarons l’abolition de l’exploitation par le travail. Nous mettons en place le Plan annuel queer qui nous donne un logis, l’électricité, l’eau, des roses, des gardénias et des fleurs pour le combat perpétuel de chacun, chaque cerveau et chaque nichon. Nous sommes fatigués de vivre dans des appartements laids et hors de prix : nous reprenons donc les basiliques, les palais, les immeubles abandonnés et les châteaux pour que tous les investissent. À chacun selon ses besoins, ses désirs, ses fantasmes.

Nous proclamons l’avènement de la décivilisation. Nous refusons la logique qui sépare les cultures « avancées » des cultures « arriérées » en prenant pour prétexte les « droits » des femmes ou des soi-disant « minorités » sexuelles. Nous remplaçons la ligne droite du progrès par des lignes obliques, par des lignes courbes, des pas de danse et des vagabondages.

Nous prenons toute la place qu’il nous faut. Firemen up in the trees meow, evictions ciao !

Nous, le peuple des Twisted Lands, envahissons l’espace public par excès de modes de vie autorisés et en opposition à ces derniers. Nous sortons des chambres noires, des salles de sport et de nos retraites rurales, nous déferlons depuis les espaces autogérés dont nous avons été chassés, les rues et les trottoirs, les espaces circonscrits dans lesquels ils ont voulu nous ghettoïser. Nous convergeons vers des espaces communs en perpétuelle expansion. Nous contaminons chaque endroit de notre Fabulosité : chaque rue, chaque boulevard, chaque coin utile pour redessiner la géographie de nos désirs et de nos plaisirs. Ils voulaient qu’on fasse la poussière à la maison? Ils nous trouveront dans la rue à disperser les cendres des rôles genrés.

Nous sommes le grain de sable dans les rouages du capital. Rejoins-nous et prends ton pied avec nous !

texte écrit samedi 21 mai 2016 à Bologne, Italie par NatioAnal TransFeministLezzyFaggy

Demo traduit et édité par NDQUV groupe ouest

WE CUM EVERYWHERE! Self-organized Spaces, Bodies and Desires

 

Le texte en PDF déclaration-indépendance_print

L’album de photos de ZIC – Zero In Condotta, photos : Michele Lapini.

WE’RE CUMING
Photo: Michele Lapini

Contre la violence et l’exploitation… Sortons nos bottes, aiguisons nos talons !

SAMEDI 24 NOVEMBRE 2018 

à partir de 14h00

Opéra – Paris 

 

Contre la violence de genre et du genre nous appelons à rejoindre le cortège #NousAussi !
Rendez-vous demain 14h à Opéra !

Contre la violence et l’exploitation,
Sortons nos bottes aiguisons nos talons !

Le capital se fait la malle « sur nos genre(s) » !
En entreprise, à l’usine, au bureau, au chômage, pendant les stages, les alternances, pendant notre travail gratuit à la maison, nos sourires, nos culs, nos petits repas sont mis à profit et exploité.

Nos genres sont nos moyens de productions !

On attend de nous que tout ce travail soit gratuit, que l’on fasse spontanément et même avec plaisir ! On nous fait croire que ce travail est une expression « naturelle » de notre genre et de notre personnalité ! Mais alors pourquoi quand nous refusons de l’accomplir les conséquences sont lourdes? Quand nous n’en pouvons plus, écras* sous la fatigue de la performance du « oui patron », « bien sûr patron », « avec le sourire, bien sûr ! », si on risque d’être blam*, harcel*, et même licenci*… c’est parce que ce travail est obligatoire ! Parce que si nous arrêtons de l’accomplir cela vous coûte cher !

C’est aussi parce que nos genres sont vos profits !

La séduction, l’accueil, la prestance, l’allure que l’on nous demande pour répondre aux attentes, pour allumer le désir et nourrir les fantasmes de clients, des collègues et des chefs ne sont pas un « bonus » ou un « extra » de certains boulots, mais une partie essentielle de n’importe quel travail que nous accomplissons !

Notre précarité, notre manque de revenue, notre manque de temps libre et vraiment à nous, nous exposent encore plus à la violence de genre et du genre. C’est comme ça que vous voudrez nous garder dociles, nous empêcher de nous rebeller et refuser de nous payer ! Mais vous allez payer !

Et vous allez payer cher !

Si chaque minute de notre vie produit de la valeur, nous ne réclamons pas une rémunération à la tâche pour chacun de nos sourires. Nous réclamons des papiers pour tou* et un revenu d’autodétermination pour tou* et sans conditions qui nous libèrent du chantage du travail. Un revenu, nous le savons, qui ne payera qu’une infime partie de la valeur que nous produisons tous les jours gratuitement.

C’est un minimum, mais ça nous revient de droit.

Burnout soutient les grévistes de l’hôtel Park Hyatt Vendôme. Ici la caisse, faites un don :
https://www.lepotcommun.fr/pot/1vpwil

SAMEDI 24 NOVEMBRE 2018 

à partir de 14h00

Opéra – Paris 

Notre flyer coloré en pdf 

Notre flyer BN à imprimer 😉

« Non Una di Meno » : les féministes italiennes vers la grève transnationale du 8 mars

Source de la photo: page Facebook de Non Una di Meno. https://www.facebook.com/nonunadimeno/photos/a.1897054097181473/1897671903786359/?type=3&theater

 

En vue du 24 novembre, on partage le texte de l’assemblée nationale de Non Una di Meno; du 4 et 5 février 2017, déjà paru sur Contretemps en 2017 : http://www.contretemps.eu/greve-transnationale-femmes-8-mars/#_ftnref7

 

« Le Streghe son tornate » (Les sorcières sont revenues)1, un des slogans du mouvement féministe italien des années 1970, c’est le titre de l’article de « La Repubblica » qui raconte l’Assemblée Nationale de « Non Una di Meno » (Pas Une de Moins)2 du 4 et 5 février dernier à Bologne.

« Le streghe non se ne sono mai andate » (les sorcières ne sont jamais parties) c’est la réponse des féministes qui ont participé à l’assemblée. Mais la restitution médiatique de ce qui s’est passé à Bologne est indicative de l’atmosphère qui s’est créée pendant ces derniers mois en Italie : un nouveau féminisme est en train de naître ou – plutôt – est en train de renaître. « Nous devons nous dire que nous avons donné vie à un nouveau mouvement féministe en Italie, qui n’est pas isolé mais qui est connecté au niveau international avec plusieurs mouvements », a affirmé une activiste dans le discours de clôture de l’assemblée.

S’inscrivant dans un parcours transnational et global de luttes féministes, Non Una di Meno transcende les frontières italiennes. Le mouvement italien est façonné par et s’inspire du mouvement argentin « Ni Una Menos », née en 2015 en réaction au taux élevé de féminicides dans le pays. Ni Una Menos et son correspondant italien naissent de l’urgence de la lutte contre les violences faites aux femmes, de la rage qui devient un point de départ pour réussir à désintégrer la culture patriarcale, du désir de subvertir la vision victimisante liée à la violence de genre, en créant de nouvelles stratégies de narration, de lutte, de résistance et d’alliance.

Nous avons vu au cours de ces derniers mois que le monde entier est traversé par une effervescence féministe renouvelée : il faut rappeler le Czarny Protest (Black Protest) polonais, en septembre, contre la nouvelle proposition de loi anti-IVG, qui a rempli les places en Pologne ; la grève islandaise contre le gender gap pay en octobre ; les actions irlandaises contre le 8ème amendement (qui interdit l’avortement en Irlande) et enfin la Women’s March états-unienne en janvier. Tous ces mouvements, qui partent de problématiques et contextes locaux, ont eu un écho et une solidarité internationale et ils ont permis de construire des réseaux capables de créer une mobilisation féministe à un niveau global.

En Italie, Non Una di Meno apparait à Rome en 2016 grâce à « ReteIoDecido » (Réseau C’est moi qui décide), « D.i.R.e. – Donne in Rete contro la violenza » (Femmes en réseau contre la violence)  et « UDI – Unione Donne in Italia » (Union des femmes en Italie), lesquelles appellent à une manifestation pour « crier notre rage et revendiquer notre envie d’autodétermination » pour la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 26 novembre. Ont rapidement répondu à l’appel une multitude de groupes, collectifs, associations et individus. Après les premières rencontres nationales, des assemblées locales se sont succédé dans la plupart des villes italiennes en vue de l’organisation de la grève.

Le 26 novembre dernier 200 000 femmes et subjectivités LGBTIQA+ prennent la rue, se réappropriant de la parole et l’espace public. Une assemblée nationale, articulée autour de huit tables thématiques, se met en place le jour suivant pour discuter « comment donner une continuité et du souffle au début de travail d’élaboration, de confrontation et de propositions ». En cette occasion, une nouvelle assemblée nationale a été convoquée les 4 et 5 février à Bologne.

Ce qui ressort est la nécessité d’adhérer à l’appel à la grève internationale des femmes du 8 mars 2017 lancé par les féministes argentines. La volonté de pratiquer la grève des femmes et du/des genre/s dans toutes les villes italiennes se dessine.

Non Una di Meno présente en son sein une très grande complexité politique, associant une multitude de positionnements parfois complètement différents, mais qui reconnaît la nécessité d’agir ensemble et collectivement pour réussir à poursuivre des revendications communes.

Le texte suivant est le compte-rendu de la troisième assemblée nationale Non Una di Meno qui a eu lieu à Bologne le 4 et 5 février et qui présente les revendications et les positionnements politiques du mouvement italien à ce jour pour la grève du 8 mars.

 

8 points pour le 8 mars : PAS UNE HEURE DE MOINS DE GRÈVE !

8 points pour le 8 mars. Ceci est la plateforme politique élaborée par 2000 personnes qui se sont réunies à Bologne en assemblée nationale les 4 et 5 février derniers. En poursuivant le travail féministe contre les violences faites aux femmes et/ou aux personnes LGBTIQA+, elles organisent la grève des femmes du 8 mars qui aura lieu dans plusieurs pays du monde. Les points suivants expriment le refus de la violence de genre dans toutes ses formes : oppression, exploitation, sexisme, racisme, homophobie et transphobie.

Le 8 mars donc, nous croiserons les bras en arrêtant toute activité productive et reproductive. La violence masculine contre les femmes ne peut pas être combattue avec des peines plus sévères – comme le voudrait la proposition de loi qui est en ce moment en discussion au Parlement italien et qui prévoit l’emprisonnement à vie pour les auteurs de féminicides – mais avec une transformation radicale de la société. Encore une fois, nous battrons le pavé, dans toutes les villes, avec des cortèges, des assemblées dans l’espace public, des manifestations créatives.

Nous faisons grève pour affirmer notre force. Encore une fois, nous demandons à tous les syndicats d’appeler, ce jour-là, à une grève générale de 24 heures, pas une heure de moins. Plus particulièrement, nous demandons aux trois plus grands syndicats italiens, et notamment à la CGIL3 de répondre publiquement à cet appel à la grève générale.

 

Nous faisons grève car :

La réponse à la violence réside dans l’autonomie des femmes

Nous faisons grève contre la transformation des centres anti-violence en centres d’assistance. Les centres anti-violence sont et doivent rester des espaces indépendants de l’influence de l’église catholique, autonomes et gérés par les femmes, des lieux féministes créateurs de processus de transformations culturelles, aptes à modifier les dynamiques structurelles qui produisent la violence des hommes contre les femmes et la violence de genre. Nous refusons le soi-disant « Codice Rosa »4 (Code rose) dans son application institutionnelle et toutes les interventions de type répressif et d’urgence. Nous exigeons que les centres anti-violence soient activement associés dans l’élaboration de toute initiative vouée à combattre la violence de genre.

Sans droits réels, il n’y aura pas de justice ni de liberté pour les femmesì

Nous faisons grève parce que nous voulons une application totale de la Convention d’Istanbul contre toute forme de violence masculine sur les femmes : violence économique, psychologique, harcèlement sexuel sur le lieu de travail, violence en ligne et sur les réseaux sociaux. Nous exigeons des mesures de protection immédiate pour toutes les femmes qui portent plainte, indépendamment du fait qu’elles aient des enfants ou pas, qu’elles aient des papiers ou pas. Nous exigeons la suppression de la garde partagée en cas de violence familiale. Nous exigeons des professionnel•le•.s du droit bien formé•e•s afin que les femmes ne soient pas re-victimisées.

Sur nos corps, sur notre santé et sur notre plaisir, c’est nous qui décidons

Nous faisons grève parce que nous voulons l’avortement libre, gratuit et en toute sécurité et la suppression de l’objection de conscience5. Nous nous mettons en grève contre la violence obstétricale, pour l’accès complet à la RU486, jusqu’au 63ème jour de grossesse, en hôpital de jour et sans hospitalisation obligatoire6. Nous nous mettons en grève contre le stigmate de l’avortement et nous refusons les sanctions pour les femmes qui avortent hors des procédures légales à cause du taux élevé d’objection de conscience : que chacune puisse exercer sa propre capacité à l’autodétermination. Nous voulons dépasser le binarisme de genre, nous voulons plus d’autodétermination sur la contraception et les MST ; nous voulons des plannings familiaux ouverts aux exigences et aux désirs des femmes et des subjectivités LGBTQI quels que soient leur situation économique et physique, leur âge et leur passeport.

Si nos vies n’ont pas de valeur, faisons grève !

Nous faisons grève pour revendiquer un revenu d’autodétermination, pour sortir des relations violentes, pour résister au chantage de la précarité, parce que nous n’acceptons pas que chaque instant de notre vie soit mis au travail. Nous faisons grève pour un salaire minimum européen, parce que si nous n’acceptons plus des salaires de misère, nous n’acceptons pas non plus qu’une autre femme, souvent migrante, soit mise au travail dans nos foyers et pour le travail du « care » en échange d’un salaire dérisoire et souvent sans protections minimales. Nous faisons grève pour un état social pour toutes et tous organisé à partir des besoins des femmes, qui nous libère de l’obligation de travailler toujours plus et plus intensément pour reproduire nos vies.

Nous voulons être libres de nous déplacer et de rester. Contre toutes les frontières : titre de séjour, asile, droits, citoyenneté et droit du sol

Nous faisons grève contre la violence des frontières, des centres d’identification et d’expulsion (CIE), des déportations qui empêchent la liberté des migrantes, contre le racisme institutionnel qui défend la division du travail basée sur le sexe. Nous soutenons les luttes des migrantes et de toutes les subjectivités LGBTQIA+ contre la gestion et le système sécuritaire de l’accueil ! Nous voulons un permis de séjour inconditionnel, sans lien avec le travail, avec les études et la situation familiale ; l’asile pour toutes les migrantes qui ont été victimes de violence ; la citoyenneté pour les personnes qui naissent et grandissent dans ce pays et pour toutes les migrantes et pour tous les migrants qui y vivent et y travaillent depuis des années.

Nous voulons détruire la culture de la violence grâce à l’éducation

Nous faisons grève pour que l’éducation aux différences soit présente de l’école maternelle à l’université, pour faire de l’école publique un pilier pour prévenir et combattre la violence masculine contre les femmes et toutes les formes de violence de genre. Nous ne sommes pas intéressées par une quelconque promotion de l’égalité des chances, nous voulons cultiver un savoir critique envers les relations de pouvoir entre les genres et envers des modèles stéréotypés de féminité et de masculinité. Nous faisons grève contre le système éducatif de la « Buona Scuola » (La bonne école) – loi 1077 – qui empêche que l’école puisse être un laboratoire de citoyenneté capable d’éduquer des personnes libres, épanouies et autodéterminées.

Nous voulons donner des espaces aux féminismes

Nous faisons grève parce que la violence et le sexisme sont des éléments structurels de la société qui n’épargnent même pas nos espaces et nos collectifs. Nous faisons grève pour construire des espaces politiques et physiques trans-féministes et anti-sexistes partout, où pratiquer résistance et autogestion ; des espaces libres des hiérarchies de pouvoir, de la division sexuée du travail, du harcèlement. Construisons une culture du consensus, dans laquelle la gestion des épisodes de sexisme n’est pas la responsabilité de certaines mais de tou•te•s ; expérimentons des formes de socialités, de soins et de relations trans-féministes. Faisons grève pour que le féminisme ne soit plus un sujet spécifique mais pour qu’il devienne une lecture totale de l’existant.

Refusons les langages sexistes et misogynes

Nous faisons grève contre l’imaginaire médiatique misogyne, sexiste, raciste, qui discrimine les lesbiennes, les gays et les trans. Retournons la représentation selon laquelle les femmes subissant des violences seraient des victimes complaisantes et passives et refusons aussi la représentation de nos corps en tant qu’objets. Agissons avec et dans chaque media pour communiquer nos paroles, nos visages, nos corps rebelles, non stéréotypés et pleins de désirs inouïs.

Si nos vies n’ont pas de valeur, nous faisons grève !   #PasUneDeMoins

 

Traduit de l’italien par des militant•e•s italien•ne•s proches ou faisant partie du mouvement « Non Una di Meno » et/ou du réseau italien transféministe « SomMovimento NazioAnale ».

La plateforme politique de revendications « 8 points pour le 8 mars » est initialement parue en italien ici : https://nonunadimeno.wordpress.com/2017/02/08/8-punti-per-l8-marzo-non-unora-meno-di-sciopero/

 

Notes

1  « Tremate, Tremate, le streghe son tornate ! » c’est le slogan en entier, (Tremblez, tremblez, les sorcières sont revenues), N.d.T.

2     Leur site internet : https://nonunadimeno.wordpress.com/

3     Le plus ancien syndicat italien de gauche, N.d.T.

4     Le « Codice Rosa » est un dispositif mis en acte par le gouvernement italien et qui consiste en la création de procédures de premiers secours dans les services pour les femmes victimes de violence. Le « Codice Rosa » limite l’autonomie des femmes en créant un parcours obligatoire et à sens unique pour en sortir, en passant par un•e magistrat•e ou la police judiciaire, sans passer par les centre anti-violence (qui ne sont pas impliqués dans ce dispositif). Il y a donc une suppression de la prise en charge de tout l’aspect structurel et social de la violence, en la réduisant à un problème de santé, d’ordre public et de sécurité. Le « Codice Rosa » perpétue ainsi la victimisation des femmes. N.d.T.

5    En Italie, l’avortement est « garanti » par la loi 194 de 1978, sauf que l’article 9 introduit l’objection de conscience pour les médecins, les infirmièr•e•s et les anesthésistes. Cet article donne la possibilité de choisir de pratiquer ou non l’avortement. Au fur et à mesure des années, l’objection de conscience est devenue un véritable obstacle à l’avortement, étant donné que, selon le compte-rendu du Ministère de la Santé sur l’IVG, aujourd’hui 70% des médecins sont objecteurs. L’objection de conscience est devenue ainsi structurale, c’est à dire que dans 35% des hôpitaux publics, on ne pratique plus d’avortement (même si dans chaque hôpital public le service d’IVG devrait être garanti). L’objection de conscience s’est propagée aussi parmi les pharmaciens (même si, d’après la loi, ils n’en auraient pas le droit), qui ne donnent pas la pilule du lendemain. Pour toutes ces raisons, dans les dernières années il y a eu une augmentation considérable d’avortements clandestins. Pour faire face à cette situation, la ministre de la santé a introduit une sanction administrative (entre 5000 euros et 10000 euros) contre ceux et celles qui pratiquent ou utilisent l’avortement clandestin, sanction qui ne résout absolument pas le problème mais, au contraire, pénalise encore plus les femmes. N.d.T.

6     Actuellement en Italie la loi permet l’accès au traitement abortif chimique RU486, beaucoup moins pour les femmes, jusqu’au 49ème  jour, quand le protocole médicale préconise son utilisation jusqu’au 63ème jour. En outre, la législation italienne oblige, en principe, (dans les faits c’est moins le cas en raison des restrictions budgétaires sur la santé) les femmes à une hospitalisation de 72 heures quand en réalité la prise des deux pilules pourrait se faire en hôpital de jour, avec beaucoup moins de contraintes pour les femmes donc. Il faut aussi rappeler que ce traitement abortif chimique n’est pas pratiqué par tous les hôpitaux publics. N.d.T.

7     Réforme néolibérale de l’école publique voulue par Matteo Renzi, qui confère l’« autonomie » aux établissements scolaires notamment en matière de financements, et qui met en concurrence entre eux les différents établissements dans la recherche de fonds. Cette réforme a par ailleurs donné une certaine « autonomie » aux écoles publiques en matière d’enseignement. N.d.T.

 

Le pdf de l’article sur Contretemps: greve-transnationale-femmes-8-mars

Pour un 24 novembre politique, marchons contre les violences sexistes et sexuelles

 SAMEDI 24 NOVEMBRE 2018 

14h30

Place de la Madeleine – Paris
EN TÊTE DU CORTÈGE

 

Le collectif Burn-Out a signé l’appelle de Nous Aussi, pour créer un cortège politique dans la manifestation du 24 novembre 2018 « Nous Toutes ». On partage l’appel, publié initialement sur Mediapart

 

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le mouvement Nous Toutes organise une marche le 24 novembre prochain afin d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes.
Nous appelons à rejoindre cette marche, et à nous organiser activement afin d’en faire une réussite. Les conditions de cette réussite ne seront cependant pas réunies si au prétexte de lutter contre « toutes les violences sexistes et sexuelles », celles qui sont au premier rang de ces violences ne sont pas mises au centre de cette marche. Nous ne savons que trop bien à quel point notre effacement des luttes féministes perpétue notre isolement et ces violences. Avec « nous toutes », nous voulons pouvoir dire « nous aussi ».

Nous affirmons que ces violences ne seront pas éradiquées par de seules actions de pédagogie reposant sur les bonnes volontés individuelles. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles, c’est construire un véritable rapport de force vis-à-vis des institutions qui font de nous des cibles pour les harceleurs, les agresseurs, les violeurs, et les assassins, que ceux-ci soient des inconnus ou des « proches », nos patrons ou nos partenaires.

C’est pourquoi nous appelons à nous rassembler en tête de la marche du 24 novembre, afin de visibiliser notre action, de faire entendre nos revendications au plus grand nombre et de porter un message féministe combatif.

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Signataires :
Acceptess TransgenresAlerta FeministaAssociation Nationale Transgenre, Cellule de lutte antisexiste Paris 8, Les BavardesLa Brêche EHESSBurn Out – CollectifCollectif Intersexes et Allié.e.s – OII FranceCollectif de Lutte Anticapacitiste – CLACCLAQCLEF Montpellier, Collectif Afro-FemCollectif Des Raciné·e·sCollectif Féministes RévolutionnairesCollectif IrrécupérablesCollectif : Féministes contre le cyberharcèlement, Collectif ROSADeuxième PageFéministes PluriellesFièresFriction MagazineFrisse AssoGarçes Collectif FéministeGlobule NoirGras PolitiqueHandi-QueerL’intersectionLallabLa BAFFECollectif La Chapelle Debout, Collectif LaMeute photographes, Le Castor MagazineCollectif Le SEUMLocal de Docs Trans-InterNRJKIR Paris 8Groupe anarchiste OrageLes Ourses à plumesAssociation OUTransPotere al Popolo ParigiQueerasseQuidam·e·sRAR – Révolutionnaires Autonomes Radical.e.sLe Réseau des femmes AfrodescendantesSCARLETSIAMO Paris AntifaStrass – Syndicat du Travail SexuelTRANSGRRRLSTRANS INTER actionWitch Bloc Paname, Women’s March Paris.

événement Facebook

page Facebook de Nous Aussi 

SAMEDI 24 NOVEMBRE 2018 

14h30

Place de la Madeleine – Paris
EN TÊTE DU CORTÈGE

 

Qu’est-ce que c’est une auto-enquête?

L’objectif de l’« auto-inchiesta » (l’auto-enquête) est d’enclencher une réflexion à partir de soi-même, de son propre vécu et de ses expériences pour aboutir à une réflexion collective qui permet d’identifier des problématiques (travail, santé, corps, autodétermination, précarité, genre et sexualité, racialisation, etc.) Dans une autoenquête, on enquête sur nous-mêmes, mais pas d’une façon statistique : on se pose des questions et on y répond en partant de soi.

Grâce à la narration collective et la politisation de celle-ci, on peut se donner ensemble des grilles pour lire nos subjectivités et construire des formes de résistance à la mise au travail néolibérale qui reste souvent invisible.

Le but de cette pratique n’est pas simplement de comprendre les expériences de chacun•e ou de définir un plan d’action. Il s’agit de catalyser le partage, la discussion sur les savoirs et les stratégies d’une part et le processus de prise de conscience d’autre part, pour résister aux mécanismes néolibéraux de normalisation et d’appropriation, de dépossession, d’expropriation et d’incorporation.

Auto-enquête recherche transféministe queer – Cirff2018

 LUNDI 27 AOÛT 2018 

à partir de 14h00

Université Paris Nanterre

 

Rendez-vous en salle DD204 ou alors à l’extérieur du bâtiment D pour une auto-enquête « Recherche » !

Burn Out est un collectif queer et transféministe. Il propose des actions et des analyses militantes sur la matérialité du travail et du surtravail néolibéral et ses effets sur la subjectivité, le désir et l’aliénation. BurnOut pratique l’autoenquête pour lutter dans et contre le travail. Son projet politique est la production collective de subjectivités antagonistes et de formes de vie différentes. L’objectif de l’ « auto-inchiesta », (l’auto-enquête) est d’enclencher une réflexion à partir de soi-même, de son propre vécu et de ses expériences pour aboutir à une réflexion collective qui permet d’identifier des problématiques (santé, corps, bien-être, autodétermination, précarité, genre et sexualité, racialisation, etc.) et de rassembler les besoins et les désirs individuels dans un processus collectif d’auto-organisation pour les satisfaire. La pratique de l’auto-enquête comme mécanisme de subjectivisation politique, de nouvelles formes d’auto-détermination et d’autogestion ou encore la possibilité d’organiser des revendications et des luttes de façon collective permettent d’atteindre cet objectif. L’autoenquête queer et transféministe.

événements Facebook

LUNDI 27 AOÛT 2018 

à partir de 14h00

Université Paris Nanterre

 

Auto-enquête transféministe queer sur les applis de rencontre

DIMANCHE 13 MAI 2018 

à partir de 15h00

Centre Social Autogéré d’Ivry (CSA)

37 rue Marceau, 94200 Ivry-sur-Seine

 

ÉVÉNEMENT EN NON MIXITÉ CHOISIE SANS CIS HETEROS

 

Alors que Grindr a récemment divulgué des données sensibles à des entreprises tierces, notamment celles sur l’état sérologique de ses utilisateurices, le collectif BurnOut appelle à une auto-enquête transféministe queer sur le travail gratuit sur et pour les applis de rencontre. Venez en discuter avec nous et trouvons des stratégies de résistance collective !

QU’EST-CE QUE C’EST UNE AUTO-ENQUÊTE ?
L’objectif de l’« auto-inchiesta » (l’auto-enquête) est d’enclencher une réflexion à partir de soi-même, de son propre vécu et de ses expériences pour aboutir à une réflexion collective qui permet d’identifier des problématiques (travail, santé, corps, autodétermination, précarité, genre et sexualité, racialisation, etc.) Dans une autoenquête, on enquête sur nous-mêmes, mais pas d’une façon statistique : on se pose des questions et on y répond en partant de soi.

Grâce à la narration collective et la politisation de celle-ci, on peut se donner ensemble des grilles pour lire nos subjectivités et construire des formes de résistance à la mise au travail néolibérale qui reste souvent invisible.

Le but de cette pratique n’est pas simplement de comprendre les expériences de chacun•e ou de définir un plan d’action. Il s’agit de catalyser le partage, la discussion sur les savoirs et les stratégies d’une part et le processus de prise de conscience d’autre part, pour résister aux mécanismes néolibéraux de normalisation et d’appropriation, de dépossession, d’expropriation et d’incorporation.

QUI SOMMES NOUS?
Burn Out est un collectif d’action et d’analyse militante sur la matérialité du travail néolibéral et ses effets sur la subjectivité, le désir et l’aliénation. Burn Out pratique l’autoenquête pour lutter dans et contre le travail. Burn Out critique la mise au travail, la « valorisation », l’exploitation et l’incorporation néolibérale des corps et des culs queer et transféministes. Son projet politique est la production collective de subjectivités antagonistes et de formes de vie différentes.

événement Facebook

DIMANCHE 13 MAI 2018 

à partir de 15h00

Centre Social Autogéré d’Ivry (CSA)

37 rue Marceau, 94200 Ivry-sur-Seine